Compte Rendu des Assises de la Radio du 25 Novembre 2013

Ce Lundi 25 Novembre 2013 se sont tenues à l'initiative du CSA et du Ministère de la Culture et de la Communication « Les Assises de La Radio ». Ça s'est passé dans le cadre du Théâtre Levi-Strauss du Musée du Quai Branly (Branly, pour mémoire, physicien, précurseur de la TSF -Marconi fera ses premières expériences concluantes trans-Manche en s'appuyant sur les travaux de radioconduction d’Édouard Branly et lui rendra hommage).
 
La journée a été introduite par Olivier Schrameck, Président du CSA. Très vite après les salutations d'usage et un hommage aux journalistes tués au Mali et ceux retenus en Syrie, quelques amabilités générales sur un média « si cher au cœur de nos compatriotes », (lesquels sont « 8 sur 10 à l'écouter près de trois heures par jour ») qui combine « universalité, proximité et diversité », viennent les couacs. (voir commentaire de texte en annexe pour celles et ceux que ça intéresse)
 
La radio numérique terrestre n'y est traitée que comme une possibilité de développement mais sans plan d'envergure. Olivier Schrameck va conclure avec la « modernisation nécessaire » que constituerait la RNT mais semble remettre en cause les choix de ses prédécesseurs puisque ni le Bureau de la Radio, ni le Service Public n'ont souhaité s'y engager, évoquera les 107 éditeurs sélectionnés, les 14 opérateurs de multiplex agréés, l'arrivée de la norme DAB+ avec les réaménagements ainsi rendus possibles mais là encore mettra en évidence les mux en échec et les incertitudes, enfin l'éventualité d'une prochaine nuit bleue -dans six mois...
 
Reste l'essentiel de sa parole (et de son temps de parole) : la régulation doit désormais répondre aux nécessités « économiques » et le plafond de concentration devient une variable révisable (évidemment à la hausse). De même l'exception culturelle n'a plus la cote : « au législateur mais aussi au CSA de veiller à ce que l'exigence de pluralisme culturel soit une vocation plutôt qu'une contrainte ».
 
Et les invités (soigneusement triés par la DGMIC) intervenant tout au long de la journée seront sauf exceptions, au diapason...
 
Première table ronde : quels contenus pour quelles radios ?
(modérée par Stéphane RAMEZI Responsable des Éditions multimédia à l'INA , au débotté, le modérateur prévu Frédéric SCHLESINGER directeur délégué et membre du comité exécutif de l'INA -et prédécesseur de Philippe VAL à la direction de France Inter- étant pour sa part, indisponible car malade)
 
Jean-Luc HEES, le premier à qui l'on donne la parole a beau jeu de rappeler que le service public à lui seul rassemble près du quart de l'audience nationale sur les principes intangibles de Radio France : Informer, éduquer, divertir... et se dit attaché au contenu et à mettre la technologie au service des contenus. L'occasion d'apprendre que près de 148 personnes à Radio France sont désormais affectées uniquement au multimedia.
 
Denis OLIVENNES (de Lagardère active : Europe1 etc. La passive est en pleine restructuration sur ses journaux) dit que ses sites sont les « leaders des podcasts » : ce sont les champions de la délinéarisation : c'est le « triomphe du consommateur ». (la radio c'est mieux si tu peux zapper la pub : là, c'est moi qui le pense, pas lui). Mais encore prétend-il que la radio filmée (8 heures sur 14 de direct) est un plus. Sur les remaniements de grille, il dit « ajuster en fonction des attentes des auditeurs » « dans l'esprit Europe1 », il prétend les ouvrir (les esprits) « en toute liberté », contre les préjugés, mais avec « bonne humeur » mais sans le « ricanement du ressentiment ». (A vous de juger).
 
Myriam SALEHI, pour NRJ veut « que l'auditeur revienne au centre de la programmation » sans en dire plus car son principal souci est l'émergence sur le net des fameuses plate-formes musicales : pour elle, la concurrence est faussée car ces entreprises ne sont pas soumises aux mêmes règles que les radios : il faut « remettre de l'ordre » et que les mises en exergue relèvent de choix éditoriaux et non de ceux des distributeurs. Elle évoque « l'ancrage local [de nos stations qui] permet la différence et la différenciation* et en fait les ambassadeurs de nos marques » (sic)
 
* Pour celles et ceux qui n'ont pas de diplôme en management : la différenciation compétitive est le fait de proposer sur un marché des offres de produits et services différentes de celles de ses concurrents
 
Place à Jérôme ROGER, de l'UPFI ((Union des producteurs phonographiques français indépendants) qui s'affirme « fournisseur de contenu » (ce qui n'est pas faux mais n'est pas, entre lui et les autres producteurs phonographiques la seule source de contenu sauf pour des radios uniquement musicales). Il aura tout de suite quelques paroles très fortes qui marqueront ce débat (et malheureusement l'appauvriront aussi puisque le plus gros, à l'issue de son intervention, tournera autour de la seule musique). Musique ou plutôt musiques. Il affirmera ainsi : « Dans la pluralité des 858 opérateurs, la diversité fait loi et la totalité du spectre est représentée : aucun courant musical n'est laissé au bord de la route. » Il souligne dans la foulée combien les radios sont importantes pour la survie de sa branche : prescriptrices, « elles déclenchent la vente » chez l'auditeur(trice). Il constate une situation ambivalente : il y a bien près de 40 % de titres en plus diffusés en 10 ans et d'autant plus d'artistes et principalement francophones mais les « radios de jeunes » et de jeunes adultes jouent quant à elles, un jeu singulier : seuls 3% des titres du répertoire font 75% de leur programmation et au premier trimestre 2013 le fameux « Top10 » aura alimenté près de 55% des plages musicales de ces stations. Il est à partir de là, fondé à demander une nouvelle régulation avec un plafonnement des rotations.
 
Ce qui fait immédiatement réagir Myriam SALEHI d'NRJ qui conteste ces chiffres et en énonce d'autres en affirmant que la situation est due à la baisse du nombre d'albums français édités (-63%) et celle de nouveautés françaises de presque autant (-58%) en dix ans alors que les quotas des conventions n'ont pas changé... « Et à part nous », dira-t'elle « Qui se risque à parier sur les nouveautés ? » puis Denis OLIVENNES dans la même veine, « avocat fiévreux de l'exception culturelle française », se livre à une attaque en règle contre youtube, google : « Ce sont eux qu'il faut réguler »... Jérôme ROGER en convient mais il faut le faire « par le haut », s'adapter : si les web radios étaient elles aussi soumises au quota, ce serait déjà bien, et amènerait à une utilisation « responsable » des contenus.
 
Enfin la parole est donnée aux autres présents sur le plateau et tout de suite, là, c'est la cata... Huguette MONZIE (du SIRTI) va nous infliger un plaidoyer pro domo insupportable pour sa propre radio de catégorie B comme si on voulait lui piquer sa fréquence. Et elle la défend, à l'image de son gros sac fourre-tout qu'elle serre convulsivement sur sa poitrine. Pas grand chose sur les contenus mais on déduit qu'il y a sur sa station, de la pub de proximité et des infos locales (c'est déjà ça...)
 
Le micro vient enfin à Hervé DUJARDIN, du CNRA. Il n'y a pas grand-chose à redire à son intervention, à plusieurs reprises interrompue par un public acquis. La seule, à mon sens à relever la sauce. Mis à part un brin de misérabilisme convenu comme s'il avait à se faire excuser les aspects sociaux ou engagés des radios associatives dont il faisait entendre « la petite voix ». Il aura bien su mettre en évidence que chez nous ce sont souvent des auditeurs et des bénévoles qui sont à l'antenne, antennes dont la vocation est de donner la parole à « ceux qui ailleurs, ne l'ont pas ».... Mis en avant, encore, le rôle essentiel de la proximité en matière de construction citoyenne et donc aussi les mécanismes d'idéation dans ces espaces, allant du local au global sans se priver d'aucun thème et d'aucun sujet : entendre, comprendre, débattre, il saura aussi revendiquer communication sociale et rôle d'éducation populaire qui sont intrinsèquement liées à nos modes de fonctionnements démocratiques dans le cadre d'une économie solidaire, a contrario d'autres opérateurs uniquement à la recherche de profits qu'en outre ils veulent immédiats. Et au passage, il plaidera aussi pour des aspects clairement militants qui peuvent aller jusqu'à la désobéissance civile pour défendre la liberté d'expression et d'autres valeurs essentielles.
 
On en vient aux questions ou remarques de la salle. Tarek MAMI de Fréquence Maghreb 2 demande, au nom de la diversité, des fréquences sur l'ensemble du territoire national, il les demande, en douceur, à l'image du « choix de douceurs » distribuées à tous les participants dans un sac sérigraphié au nom du SIRTI en entrée du Musée des Civilisations (beaucoup de bonbons et aussi un père Noël en pain d'épice), accompagnées d'une brochure explicite. Il rattrape la prestation navrante de son acolyte Huguette Monzie... Icast exprime son inquiétude quant à la préservation de l'exception culturelle : actuellement, ça marche mais il faut surveiller avec attention tous les acteurs. Un autre représentant de producteurs (je n'ai noté ni le nom, ni l'organisation) s'attache lui aussi à faire savoir que les fameux quotas de chanson Françaises ne sont assurés pour les 2/3 que par une dizaine de titres et s'affirme lui aussi comme très favorable à plafonner les rotations.
 
Le dernier tour de table n'apporte pas grand-chose de neuf : Radio France annonce le lancement d'un huitième « choix » : RF8, dans la palette de son offre -en fait une plateforme musicale-... Europe 1 prétend à nouveau que la musique qu'elle utilise est diffusée en fonction de choix éditoriaux et non des envois des maisons de disques. NRJ rappelle que dans les seuils ce qui est important désormais est de mesurer correctement la couverture réelle et pas tant s'attacher aux nombres de fréquences accordées, et que pour eux ce sont les plateformes qui leur font concurrence avec leurs possibilités de téléchargements gratuits et tous ces titres en libre écoute. L'UPFI renchérira sur son précédent propos pour la régulation des nouveaux médias et parle d'un vrai défi juridique.
 
Sur les développements multimédias que tous revendiquent, il faudra le CNRA pour remettre en évidence qu'il ne peut s'agir là que d'offres complémentaires, au service de la cause principale, la radio, qui ne doit pas perdre de vue ses fondamentaux. Et, après Hervé Dujardin, son représentant Strasbourgeois pourra conclure avec une dernière tentative de recentrer le débat sur les contenus éditoriaux par le rappel que les radios associatives sont les seules à tendre leurs micros aux élus locaux, aux acteurs sociaux de terrain, à la société civile dans son ensemble et qu'elles constituent un maillage citoyen unique que les autres parties du secteur ne couvrent absolument pas.
 
Deuxième table ronde sur les modèles économiques : « Économie et Régulation de la Radio , quelles ressources et quelle évolution des coûts ?»
(modérée par Nathalie SONNAC - Professeure en sciences de l'information et de la communication à l'université Panthéon-Assas où elle dirige l'IFP Institut français de presse. )
 
Emmanuel BOUTTERIN du SNRL rappelle que la différence fondamentale entre d'une part les radios associatives et le service public et les autres acteurs, eux, commerciaux, c'est l'argent public : c'est ce qui fonde la différence de modèle économique et c'est lui qui assure la garantie du pluralisme dans la proximité mais comme on ne peut toujours en demander davantage, conçoit, une « mutation raisonnée » dans la diversification des ressources.
 
Catherine SUEUR, pour Radio France dont elle est directrice générale reconnaît que son organisation dépend principalement (pour 90%) de la contribution à l'audiovisuel public. Cependant, ces ressources ont tendance à s'amenuiser : les administrateurs envisageraient de mobiliser d'autres moyens et de développer certains services comme la restauration à la maison de la Radio, des éditions, des habillages... Du côté des dépenses, elle laisse entendre qu'elle pourrait faire jouer la concurrence vis à vis de TDF, les coûts de diffusion (12 %) étant selon elle, excessifs.
 
Pour Alain WEILL Président de NextRadioTV (RMC), « le secteur se porte bien » et « l'équilibre lui va bien », en tout cas tant qu'on s'en tient aux fondamentaux du média radio : la radio, mais il est appelé à se modifier en profondeur avec l'irruption de l'image, du multimedia, des aspects interactifs. Médiamétrie pour lui est dépassée et n'utilise pas d'outils efficaces -comme le serait un bracelet que le cobaye du panel conserverait « jusque sous la douche » (sic)- Dépassés aussi les seuils anti-concentration surtout si l'on compare à ce qui se pratique en TV.
 
Jean Eric VALLI, Président du GIE « Les Indés Radios » expose des coûts en augmentation tandis que les recettes de pub tant assises sur le digital, ou mi-locales, mi-nationales sur les ondes ont tendance à se tasser : encore un pour qui les commerciales qui ne sont pas inféodées aux réseaux souffrent d'une régulation déséquilibrée à leur détriment. Elles réclament plus de fréquences ne se contentant pas des 15 % qui leur sont dévolus et expliquent qu'elles auront du mal, sinon, à résister financièrement au tout internet (à la radio par IP) face auquel elles se disent désarmées.
 
La parole d'André GATTOLIN, sénateur Europe Écologie Les Verts des Hauts de Seine tranche sur les discours convenus. Animateur de radios libres, collaborateur à Libération puis universitaire reconnu, il explique combien les législateurs s'intéressent peu à la radio, alors qu'ils s'attachent régulièrement à la régulation d'internet et de la télévision. Pour lui, ces assises étaient importantes a contrario parce qu'internet est incertain et la télé en crise et qu'on pouvait y aborder tout ce qui relève de la déterritorialisation, de la délinéarisation, et de la raréfaction des fréquences avec là, en pendant positif, le défi de la proximité, du flux et du numérique : il propose à terme l'arrêt de la FM.
 
Même s'il conçoit la « fluidité » des opérateurs d'une catégorie l'autre, il dénonce les « ventes » de fréquences qu'elles soient directes ou indirectes (prise de contrôle par rachat de parts de capital, ou de régies publicitaires, etc.) mais aussi égratigne au passage les Google et autres « voleurs de sources » prêts à préempter sur une publicité taillée sur mesure pour chaque « consommateur ».
 
Emmanuel BOUTTERIN, entamant le deuxième tour de table, enfonce le clou : il convient de « garder dans le viseur, la pluralité et le pluralisme » car c'est à la fois la raison d'être mais aussi le gage de la stabilité des acteurs locaux. Il revient sur les seuils limites de concentration qu'il faut peut-être réviser mais sans bousculer le paysage.
 
Jean Eric VALLI dénonce ce qu'il nomme les « arrières pensées » des uns et des autres. Il repasse le plat sur l'augmentation possible du nombre de fréquences disponibles en FM tout en maintenant la régulation du seuil de concentration. Des fréquences donc, à dégager, au profit des B, des C, des D. En sanctuarisant l'actuelle répartition, on empêche son secteur de prospérer pire, on asphyxie à terme leur modèle économique.
 
Alain WEILL de NextRadioTV (RMC) admet que les « grands groupes » -qui d'ailleurs n'ont pas que la radio doivent respecter des seuils (même s'il veut les voir révisés) et que la régulation reste nécessaire y compris s'il y a, à terme, exploitation de la RNT... (Et il veut en douter : voir son intervention suivante, plus claire à ce propos)
 
Le sénateur André GATTOLIN reste sceptique quant à l'efficacité réelle des seuils si l'on n'applique pas le même principe à l'emprise des régies publicitaires : lorsque certains détiennent le monopole de la ressource, la concurrence est d'évidence faussée. Il revient sur les rachats ou mises sous contrôle qui empêchent toute libre expression : il propose un « Conseil de Presse » -à l'image de ce qui se fait au Canada (Ndlr), qui serait composé certes, de journalistes mais aussi de personnalités de la société civile et d'un panel du public- public que d'après lui, on ne prend jamais en compte : son absence dans cette journée est révélatrice de cet état d'esprit.
 
Catherine SUEUR souligne que son employeur est peu dispendieux en fréquences, aucune n'est « inutile » ou superfétatoire.
 
Jean Eric VALLI rajoute s'il en était besoin, que ce que l'on accorde aux uns, on le refuse nécessairement à d'autres et que la notion de « bassin de fréquences » est à développer plutôt que de bassin d'écoute...
 
Des questions et remarques de la salle, ressort :

  1. que la « radio payante » équipera, d'ici 10 ans, 11% des ménages (seule ou offerte avec d'autres bouquets -TV notamment-). Ce sera une ressource pour celles des radios qui sauront s'en emparer... Sans réaction de la table...
  2. qu'il conviendrait qu'une autre autorité que le CSA régule, sa charge de « censeur » étant suffisant pour occuper son homme. (Il n'y aura aucune réaction à cette remarque...)
  3. qu'en ce qui concerne les radios associatives, les coûts sont en hausse tandis que le FSER même à subvention collective constante se partage entre toujours plus d'opérateurs dont la moyenne de subvention ne cesse donc de baisser. (Là non plus, pas de rebond)

 
Depuis la salle, Huguette MONZIE (du SIRTI) considère qu'il y a des fréquences sur lesquelles « il ne se passe rien » et qui pourraient donc être redistribuées. Elle soulève ce qui pour certaines radios locales est un problème : les exclusivités de Radio France sur certains événements dont son type de radios se trouve ainsi écarté (en terme de promotions commerciales et de visibilité). L'occasion pour E BOUTTERIN de rappeler l'accord passé entre son syndicat et Radio France... Catherine SUEUR pour sa part ne répond pas grand-chose sinon qu'il y a « des personnalités locales » en concurrence (en bref que les radios Bleu défendent aussi leur beefsteak).
 
Michel CACOUAULT (Président du Bureau de la Radio) prend la salle à témoin ( mais pratiquement dans les mêmes termes qu'en 2010 au Sénat, les bras m'en tombent... à croire qu'il a avalé son CD):

  1. les chiffres d'affaires globaux sont en baisse et donc le CSA doit améliorer sa compétence économique (dans sa bouche ça sonne « dézinguer les canards boiteux »)
  2. Il fait une digression (la même qu'en 2010) sur les « mentions légales des publicités », qui prennent du temps d'antenne, au détriment de la multiplication du nombre de pubs (et qu'il faut donc gicler)
  3. et on croit entendre en écho que si (depuis 2010) les opérateurs membres du Bureau explosent les seuils, c'est que ceux-ci ne sont plus adaptés -du fait de la démographie, avançait-il ...-

 
GATTOLIN fait un court parallèle avec ce qui se passe ailleurs en Europe sans en tirer de morale particulière.
 
La parole est une nouvelle fois donnée à Alain WEILL de NextRadioTV (RMC) ce qui lui laisse loisir d'exprimer son désamour de la RNT à laquelle il préfère décidément l'IP. Pour lui le paysage hertzien en général est sur-occupé par la radio et la TV avec les milliers de fréquences de FM+ supplémentaires et toutes celles mobilisées par la TNT, et cette distribution reconnaît-il, s'est faite en dépit des règles de concentration... (Mais pas à l'avantage de son groupe semble-t'il sinon il ne serait pas autant remonté).
 
A nouveau donc, un membre des « Indés » demande le respect des seuils car cela, dit-il, impose d'innover -traduire de renouveler les réseaux, de ne pas fonctionner toujours avec la même offre- Il exprime aussi l'idée qu'un des effets pervers de la concentration, c'est l'absence de dynamisation du marché publicitaire.
 
Cet intervenant a ouvert la boîte de Pandore : logiquement suite à cette attaque, les requins montrent leurs crocs. Remonte à la surface la vente de Sud Radio par Valli (je vous le rappelle, là, désormais représentant des « Indés » )… (vente au départ engagée avec Next puis après échec des négociations, finalisée avec Fiducial), vente toujours en cours de contestation au Conseil d’État, et deuxième coup bas : la « révélation » (mais il n'y a que pour ceux qui ne le savaient pas que c'est une révélation) que c'est TF1 qui a succédé à Lagardère pour la gestion de l'agence publicitaire de ceux qui se prétendent les « Indés Radios », les indépendants de la Radio... Bref un peu ragoûtant déballage qui aura achevé le débat.
 
Vient ensuite le repas : je ne vais pas commenter la saveur des plats et vous dire si le pinard était correct. Certains participants seront, à l'image d'un train de sénateurs en fin de soirée, moins pimpants vers ces eaux-là qu'à leur arrivée, mais je ne dénoncerai personne.
 
Très rapidement en fait, parce qu'on avait un peu débordé le matin, la séance reprend avec Julie TERRADE de Médiamétrie... Les tableaux se succèdent à une vitesse folle sous nos yeux éberlués, elle a le power point rapide, la donzelle. Et le débit d'un animateur de fun radio... (On avait dû lui dire de faire vite). Elle va nous dresser un tableau très fragmenté du public de la radio à partir de deux mesures de référence,

  1. le 126 000 radio, panel qui mesure l'écoute directe et les habitudes d'écoute
  2. le « Global Radio » qui analyse le mode de « consommation » -de la radio grâce aux chiffres de trafics en matière de téléchargement, de streaming en direct ou différé

Je n'ai donc retenu que l'essentiel ; les éléments donnés par Olivier Schrameck le matin même sont confirmés :
En France 43 Millions d'auditeurs(trices) de radio(s)
Pour une durée moyenne quotidienne de presque 3 heures.
(La tranche matinale reste la plus courue avec 14 Millions à 8 heures)
Les gens écoutent la radio pour :
51 % à domicile
30 % dans un véhicule
16 % au boulot
 
159 % des ménages sont équipés en FM (non, je plaisante mais il faut bien rire un peu)
20 % des auditeurs(trices) écoutent la radio sur divers supports multimedia
i-phones, tablettes, PC avec une utilisation qui s'accélère sur ce type d'appareils en particulier chez les ados...
 
Les internautes sont 38 %à écouter la radio 
31% l'écoutent en direct et 16 % en différé
1/3 ont déjà regardé une chronique ou une radio filmée.
 
Sur l'année dernière, 20,2 Millions d'émissions ont été téléchargées depuis le territoire français et 7,2 depuis l'étranger ; le taux de conversion est de 8 sur 10 et donc les émissions supposées écoutées (ce genre de chiffre donne froid dans le dos quant aux capacités d'espionnage de nos engins sur nos vies personnelles)
 
Troisième table ronde : quelles technologies pour quel paysage radiophonique ?
(modérée par Stéphane RAMEZI toujours responsable des Éditions multimédia à l'INA )
 
Pierre BELLANGER Président de VORTEX (Skyrock...) est le premier à qui l'on donne la parole. L'occasion d'affirmer « [qu']aucune trajectoire [en matière d'évolution] n'est fixée d'avance » et de réitérer sa préférence pour l'IP contre la RNT. « L'IP hertzien » (la 3G, la 4G) offre des possibilités qu'il affirme illimitées pour satisfaire son consommateur. Il baigne dans un modèle économique visant à faire boire à tous le même verre dans le même tuyau (là, c'est moi qui commente son métier de renard libre dans le poulailler libre, une liberté de bourrer les crânes avec des fadaises pour mieux rendre disponibles les cerveaux à la pub de Coca-Cola et aux distributeurs de disques qui le tiennent par la barbichette).
 
Puis vient le tour de Christopher BALDELLI (Président de RTL Radio). Pas mieux : pour lui grâce à « l'offre nouvelle » (via les sites), la radio gagne chaque jour des auditeurs. 20 % utilisent désormais cette voie. Il fait le parallèle avec la TNT quant au panel complet de choix ainsi mis à disposition et propose une régulation de la distribution à l'identique pour les radios.
 
Pour Xavier FILLIOL, membre du Conseil d'Administration du SYROL (le Syndicat des Radios « On Line ») plus aucun souci de fréquences et « tout bénéfice pour le consommateur » (sic), si l'on utilise la Bande III (pour des envois numériques via des applications spécifiques : on ne sort pas du modèle, ce n'est pas une proposition d'extension de la RNT).
 
Philippe GAULT pour le SIRTI (Syndicat Interprofessionnel des Radios et Télévisions Indépendantes) constate l'enterrement de la RNT et qu'on multiplie les obstacles pour empêcher la progression du secteur.
 
Pierre BOUCARD délégué national du SNRL, reste très lapidaire voire insuffisant ; Il confirme son attachement à la RNT mais lance un « pourquoi pas » quant à l'usage de la 4G...
 
David ASSOULINE, sénateur (PS) de Paris, explique dans un premier temps que « tout noyer sous un jargon technique empêche le citoyen de se saisir de la question » puis met en garde les opérateurs sur l'idée qui ne faut pas manquer « les trains qui partent sans attendre ». (on croit entendre Rachid Arhab, lors de la tentative de lancer enfin la RNT mais méfions-nous des apparences car en fait, il parle de toutes les évolutions technologiques sans distinction). Il enfonce donc des portes ouvertes sans faire de pari particulier sur l'avenir. Il montre en fait son peu d'appétence quant aux sujets techniques ici traités.
 
Pour Jean Michel KANDIN Directeur Général Adjoint chargé des techniques et des nouvelles technologies à Radio France, il faut savoir « anticiper » leur apparition et optimiser leurs usages... Mais par exemple, ne pas forcément abandonner les anciennes comme l'usage des Grandes Ondes, (à l'image de ce que font RTL, RMC et Europe 1). Tout cela est creux et sans saveur.
 
David ASSOULINE d'enfoncer le clou de la banalité : « la profession dans son entier doit aller vers des objectifs partagés ». On l'espérait plus disert, lui qui, chargé des questions culturelles du PS, aura été à ce titre rapporteur au Sénat pour la partie audiovisuelle des budgets 2014 du plan de finances. (Voir ci-dessous).
 
Ce sera ou à peu près la conclusion de ce débat car les « questions et remarques » de la salle qui suivront ne connaîtront aucune réponse (séance interrompue dès l'arrivée de la Ministre ou presque). Et de toutes façons, ne permettront guère l'émergence d'opinions tranchées ou d'expressions nouvelles. L'animateur ayant pris grand soin de filtrer les interlocuteurs : redonner une énième fois la parole à Tarek MAMI et d'empêcher par exemple, une nouvelle prise de parole de Dujardin (du CNRA) ou la mienne, moi qui trépignais de vouloir dire ô combien, je ne me sentais pas de « cette profession dans son entier » qu'apparemment et dans les faits, jamais je n'avais eu le sentiment de faire le même boulot que toutes celles et tous ceux ou presque, qu'on avait choisi de faire s'exprimer lors de ces assises...
 
Conclusion des assises par Aurélie FILIPETTI, Ministre de la Culture et de la Communication.
 
Elle assure y avoir assisté en streaming depuis son Bureau, ce dont on peut douter puisque, dès l'introduction, le ton est donné : elle salue une « journée riche » dédiée à la radio : « média populaire, essentiel et plein de vitalité ». Après avoir rendu hommage aux journalistes de RFI assassinés, à la DGMIC, cheville ouvrière et au CSA avec lesquels le ministère a organisé ces assises, elle note le peu de femmes parmi les intervenants et le public.
 
Elle aura constaté, dit-elle, « peu d'effets d'annonces » mais à l'évidence «  une stratégie de développement » « visant à assurer le succès du secteur ». Ce secteur, elle le voit « très réactif », sachant s'adapter aux nouvelles technologies. -Mais pas en faveur de la RNT-. Elle se dit rassurée de l'état du secteur et favorable « au maintien des ressources » dans un premier temps pour les commerciales en sanctuarisant l'interdiction de la publicité à la télévision pour certains secteurs à leur profit. Ces publicités (pour les industries culturelles, le cinéma, le livre), leur restent donc réservées (contrairement aux ouvertures faites à l'occasion des assises de l'audiovisuel, en Juin).
 
La radio (mais laquelle?) renforcerait le lien social (sic -puisqu'elle entre dans l'intimité des familles) sans être intrusive. Elle n'est pas « bouleversée par l'Internet » et l'usage de ce dernier resterait « complémentaire ». La radio reste le média le plus souple d'utilisation ; le seul compatible avec le code de la route ; l'écoute à la carte ne vient qu'en plus et les 3 heures quotidiennes durant lesquelles les auditeurs(trices) dont beaucoup de jeunes y ont l'oreille (pas collée quand même...) ne sont pas menacées.
 
La Ministre continue de croire à la RNT « même si le débat reste ouvert »... Je cite : « la question de la diffusion numérique est centrale. » « Elle n’est pas une fin en soi, mais un moyen nécessaire de dépasser les limites actuelles de la diffusion FM en matière de qualité sonore. Mais surtout comme un moyen de réduire la disparité de l'offre sur le territoire,[qu'elle] n'hésite pas à qualifier de « fracture radiophonique » (fin de la citation) Recevoir une « dizaine de radios en FM, ça ne suffit pas ou plus » . Elle se dit garante d'un « écosystème fragile », affirme qu'il faut « moderniser les seuils » -de concentration- et offrir « une combinaison des modalités d'écoute » tout en préservant les radios associatives et locales....
 
Elle en reconnaît justement le rôle irremplaçable pour la diversité et le pluralisme sur les territoires et dans le paysage radiophonique français. Elle évoque les 28,8 Millions d'Euros du Budget 2014 alloués au FSER (soit une baisse de 200 000 Euros) en affirmant qu'en tout cas en 2013, les 29 Millions promis seraient entièrement débloqués.
 
-Cela est vrai si on se fout du monde : les deux années 2011 et 2012, une réserve avait été pratiquée pour le passage au numérique qui pour l'instant aura été  principalement remise dans le pot et aura marginalement permis au fonds de résorber son décalage de Trésorerie...Sur 2013, une part des 29 Millions devait être « gelé » (200 000 Euros?). Tout cela relève du tour de passe-passe *(voir note 2) Et les radios numériques qui vont -enfin- naître en 2014, elles passent à la trappe ?
 
Quant au Service Public si Radio France est sous une contrainte forte, les services extérieurs de la France sont mis en sécurité voire même mieux dotés (France Média monde et RFI notamment).
 
Sur les questions de l'usage des répertoires musicaux, -de l'exception culturelle, des quotas- un rapport (confié à Jean Marc Bordes) sera bientôt en ligne (fin Janvier) pour argumenter sur ces questions. (Une façon de botter en touche sans expliciter le propos).
 
Et avant ses salutations finales, elle conclut ainsi « Gaston Bachelard, qui était fasciné par la radio, disait qu’elle avait « fait passer l’humanité de la conversation de café à la parole cosmique », et de ce fait qu’elle « n’avait pas le droit de se répéter mais avait le devoir de créer chaque jour du nouveau ».
 
Compte rendu établi par Etienne BASTIDE (corrigé le 11 Décembre 2013)

 
ANNEXES
NOTE 2 * La dotation globale du FSER s'élève si on la met dans la balance à 0,7% de la contribution à l'audiovisuel public des contribuables assujettis. Et si l'on tenait compte de la taxe sur les pubs des médias privés qui en font... normalement prévue à cet effet, ce serait, pour peu qu'on l'ajuste, 0,00... Donc, on continue de considérer que les radios associatives peuvent en faire toujours plus, à moyens constants.

 
Extrait de la prestation de David Assouline en qualité de rapporteur sur les budgets audiovisuels au Sénat (Novembre 2013):
« Le soutien de l'État aux radios associatives comprenait depuis trois ans 2 millions d'euros complémentaires afin de permettre le passage à la radio numérique terrestre (RNT) des radios associatives. Le lancement de la RNT n'ayant pas eu lieu, les 2 millions d'euros ont alors servi à résorber le décalage de trésorerie du FSER. En 2011 et 2012, ces 2 millions d'euros ont été reconduits en LFI. Malgré l'absence de lancement de la RNT, ils ont été distribués principalement en subventions sélectives (1,1 million d'euros en 2011), mais aussi en subvention automatique (0,8 million d'euros), le reliquat ayant servi à réduire marginalement le décalage de trésorerie.
Votre rapporteur pour avis avait ainsi considéré que la question se poserait en 2013 de verser un montant d'aide inférieur aux crédits votés, afin d'anticiper un éventuel lancement de la RNT ou de résorber le décalage de trésorerie. C'est visiblement le choix qui a été fait, le projet annuel de performances précisant que les « arrêtés annuels de barèmes de subventions du FSER permettent de mettre en place un mécanisme à enveloppe fermée correspondant aux crédits votés en loi de finances initiale, en faisant de la subvention sélective la variable d'ajustement, celle-ci correspondant au solde des crédits disponibles une fois l'ensemble des aides automatiques accordées ». En PLF 2014, la dotation budgétaire pour le FSER, à hauteur de 28,8 millions d'euros, intègre ainsi les fonds mobilisables, dans la limite de 1,8 million d'euros, en cas de lancement de la radio numérique terrestre.
Votre rapporteur pour avis est très attaché à l'activité de ces radios qui jouent un rôle culturel et social important au niveau local. Elles emploient aussi plus de 2 500 salariés, ce qui représenterait 40 % du secteur de la radiodiffusion privée.
 
 
NOTE 1 COMMENTAIRE in extenso du discours d'Olivier SHRAMECK
 
Au delà de ce qui a déjà été exposé plus haut, j'ai rassemblé quelques perles « présidentielles »: Je cite : « La radio c'est (…) la proximité, illustrée par ces quelque 14 millions de Français qui se lèvent chaque matin au son de leurs matinales favorites. ». Déjà, parler de proximité parce que l'on est chez soi est un contre-sens. Et on poursuit dans l'absurde : « Cette force de rassemblement (sic), la radio la puise dans un accès généralement gratuit mais aussi très largement mobile : les déplacements en voiture (resic) représentent près d'un tiers de l'audience... » On ne voit toujours pas en quoi cela illustre la « proximité » : même le moins subtil des annonceurs, puisqu'ils sont, parait-il, « partenaires » des radios, invités et présents à ce titre, sait faire la différence entre une pub pour le boucher du coin et celle pour une chaîne nationale de supermarchés. Le Président du CSA, non...
 
Quant à la diversité, elle est « incarnée par le nombre des opérateurs -858- et la variété de leurs dimensions, leurs modèles économiques et de leurs choix éditoriaux »... Le nombre de choix éditoriaux, quand on sait, à les écouter parfois, que les radios commerciales disent toutes à peu près la même chose, (la même chose entrecoupée de pages de pubs -que dis-je de pages, de tunnels de pubs, là encore toutes les mêmes) on croit rêver. Olivier S. se rattrape comme pour s'excuser « diversité nourrie des multiples initiatives émanant d'acteurs locaux, associatifs ou indépendants et de grands groupes, qui dessinent un offre foisonnante et unique en Europe au sein de laquelle le service public occupe une place déterminante » Ouf, nous voilà rassurés : après le « ferme ta gueule » voilà le « cause toujours » et reste « la voix de son maître ».
 
Puis de pérorer sur la richesse économique du secteur avec 1,6 milliards d'Euros de chiffre d'affaire « à laquelle concourent 17 000 personnes » (les radios associatives en emploient plus de 20 % et 40 % dans ce qui relève des radios privées, mais il ne le dit pas... radios du pauvre qui se contentent à elles toutes d'une trentaine de millions du FSER). « Une économie qui voit s'ouvrir devant elle de nouveaux champs de croissance et d'innovation et qui se trouve aujourd'hui à un stade crucial de son développement. »
 
Vous commencez à vous dire, Etienne nous emmerde avec son explication de texte, scolaire et gnan-gnan. Mais je n'ai pas fini, je ne fais que commencer...
 
Car, plus loin, il y a plus grave : « [la radio] se heurte désormais à la contrainte d'une double rareté : celle des ressources en fréquences -on ne s'en fout pas, car c'est faux avec la RNT- mais aussi celle des financements publicitaires » (et là, ça devrait limiter les appétits des commerciales, mais non...). Et d'expliquer que le Plan FM+ a permis de dégager plus de 1 300 nouvelles fréquences soit une augmentation de 22 % du spectre sans pouvoir pour autant « satisfaire tous les souhaits » (et loin s'en faut en matière de proximité -puisqu'on en parle-).
 
Reste évidemment la RNT et il était temps que le Président du CSA annonce qu'il allait en dire quelques mots. Parce que « numérique » dans sa bouche, ce n'est pas forcément la RNT : le numérique, c'est l'IP et la 4G, le streaming, la délinéarisation via le téléchargement (dit podcast) ou l'interactivité avec les programmes, quel que soit le support. Et on attend, suspendus aux lèvres d'O. Schrameck qu'il en vienne enfin à exposer le plan de développement de la RNT, le plan courageux qu'on espère tous, celui qui d'agglomérations en agglomérations, de ville en ville, permettra le saut qualitatif et quantitatif vers cette nouvelle technologie. La reprise, « en dur » ce ce qui avait été annoncé pour 2004, 2008, puis 2009, puis 2012, puis 2013....
 
Non rien...
 
On a droit à un long développement creux sur les radios musicales, enfonçant la porte ouverte de l'horrible concurrence que leur font les plateformes musicales avec « l'irruption d'un nouvel acteur : le distributeur » et on arrive logiquement à la conclusion du paragraphe : « Sont donc » à [ses] yeux (toujours sic), les traits principaux [du] paysage radio : un ancrage profond dans un modèle hertzien aujourd'hui parvenu à la maturité (vous n'en croyez pas vos oreilles, moi non plus) et un cheminement résolu (resic) vers les nouveaux espaces de la radio numérique . »
 
suite à parfaire